Une préparation non sans ACRHO

Le grand jour approche, encore quelques dodos avant le Marathon de Francfort. C’est l’occasion de sortir ma machine à écrire et de faire le point sur la saison et sur ma préparation.

L’ACRHO

Cela sent plutôt bon pour le moment. J’avais espéré en début d’année améliorer mon classement général (242ème en 2016). Même si la concurrence se fait de plus en plus féroce, et jeune [N.d.E. C’est toi qui vieillis], je suis en passe d’atteindre mon objectif. Après une course désastreuse à Blicquy, j’ai battu (pulvérisé parfois) quelques records personnels sur certaines challenges. Bien aidé par mon coéquipier Rémy, j’effaçais rapidement l’échec de Bruxelles lors d’un semi du tonnerre sur les pentes du Mont St-Aubert. Dans la foulée, je profitais de mes bonnes jambes pour réaliser quelques bonnes prestations durant l’été.

Sur les routes de l’ACRHO dans la Forêt de Beloeil

J’espère pouvoir accrocher le Top 200 mais j’ai pu constater que pas mal de petits nouveaux trustaient régulièrement les Top 100 sur l’ACRHO et que ceux-ci passeront rapidement de la case « novice » au top 200, voire 100 pour les plus assidus. Cela ne fait pas mon affaire mais j’espère pouvoir encore accrocher quelques points lors des quatre dernières challenges de l’année. On verra toutefois si Francfort ne laissera pas trop de traces (physiques et mentales).

Voyage en terre inconnue

Oserais-je dire que j’ai fait une petite infidélité à l’ACRHO et à mon Hainaut natal ? Samedi dernier, j’ai eu l’occasion de faire quelques kilomètres et de changer un peu de terrain de jeu, 17km (370 de D+ annoncés) au Trail de l’Abbaye de Villers-la-Ville. Je ne suis pas un habitué des trails mais j’ai vraiment apprécié. Le décor était magnifique, l’organisation et le fléchage au top … Je le recommande aux amateurs de ce type d’exercice. Et la bière spéciale de la région n’est pas mal non plus.

Au Trail de l’Abbaye à Villers-la-Ville – photo : Xavier Colpin

Ces différentes courses m’ont mis en confiance pour aborder ces dernières semaines de préparation. Les jambes sont là.

La préparation marathon

C’est encore une fois sans véritable programme spécifique que j’aborde ce marathon de Francfort. J’essaye d’accumuler les kilomètres, de m’inspirer du programme des autres pour être prêt pour le Jour-J. Après un mois d’août peu rentabilisé (125km), j’ai largement profité de mes vacances (prolongées, merci RyanAir) pour courir tous les deux jours. Pas toujours évident de courir tôt le matin quand on a un peu forcé sur la sangria mais, au moins, ça décrasse ! De retour en Belgique, j’essaye de courir minimum 3 fois semaine.

Ma grosse inquiétude, c’est peut-être le peu de sorties longues effectuées. Une très longue avec la Team (30km au compteur) et quelques courses ACRHO prolongées, « histoire de ». Sera-ce suffisant ? Je m’efforce d’atteindre les 45-50 kilomètres par semaine même si ce n’est pas toujours conciliable avec ma vie de famille. Mais de toute façon, il est trop tard pour courir après le temps (les kilomètres) perdu(s).

Sortie longue à Bléharies – photo : Jonathan Quique

Autre crainte en vue de ces 42 bornes : Mes pieds !!! La sortie longue a laissé quelques traces (ding, dong) et depuis, je lutte tant bien que mal contre ces foutues cloches (pour ceux qui n’auraient pas compris le « ding, dong »). Problème de chaussures, de semelles ou de chaussettes ? Aucune idée, et je suis bien embêté. Cela peut vite devenir pénible et douloureux sur une sortie de 4 heures. A ne pas négliger donc.

La tactique

Plus les jours passent, plus on y pense. Forcément. Courir, mais après quoi, après quel objectif ? D’abord, il s’agira de le finir (en pas trop mauvais état si possible). On a tendance à l’oublier mais, sur 42 kilomètres, les risques d’abandon sont réels. Ensuite, j’aimerais battre le temps réalisé à Valence, 4h14 (qui restait une légère déception). La barre des 4 heures me fait toujours de l’œil et j’espère vraiment pouvoir la tutoyer, voire la devancer. Comment faire ? Si seulement je le savais …

L’article de Jonathan sur le mental en fin de marathon semble de bon conseil mais j’ai peur de partir trop lentement et d’être quand même dans le dur pour le fameux sprint de 10km (sic) prévu en fin de course. Je pars généralement vite (trop vite) pour prendre de l’avance et compter sur mon moral (bon, si j’ai vraiment pris de l’avance) pour ne pas trop fléchir en fin de course. Malheureusement, sur un marathon, la fin de course peut sembler très longue et j’aimerais éviter de me prendre une nouvelle fois le mur.

Un marathon en 4 heures, ça revient à tenir une allure de 5’41’’/km sur toute la course. Je suis vraiment assis le cul entre deux chaises, peut-être même trois.

A. Partir sur l’allure cible et essayer de tenir … tout en sachant que dès que je craquerai, je m’éloignerai des 4 heures.

B. Le Negative Split : Partir plus lentement pour espérer finir fort.

C. Partir un chouya plus vite que l’allure cible pour grappiller quelques secondes par kilomètre.

Je pense que je retiendrais la 3ème option. Essayer de tenir entre 5’30’’ et 5’40’’ pour prendre un peu d’avance, et espérer craquer le plus tard possible. En tout cas, j’essayerais d’être raisonnable, de ne pas me laisser porter par l’enthousiasme et de respecter cette tactique. Une fois le périple terminé, j’espère pouvoir paraphraser le grand Hannibal en vous annonçant que mon plan s’est déroulé sans accroc.

Lors de la première édition du pot des belges à Valence, un coureur expérimenté m’a conseillé d’avoir toujours un plan B afin de ne pas sombrer totalement si l’objectif initial venait à s’envoler. Je ne peux que vous conseiller de faire de même. Personnellement, j’opterai pour un Plan B en 4h10 si cela se passe moins bien que prévu … et il y aura toujours le Plan C « 4h14 » en dernier ressort. Après cela, je ne peux plus rien pour moi.

Les encouragements

Pour ceux qui n’auraient pas envie de rouler 4 heures pour nous encourager, manger une bonne saucisse choucroute et boire quelques doux breuvages en notre compagnie, je suppose que l’organisation mettra une application à disposition et que vous aurez la chance de suivre notre calvaire.

Je profite de ce billet pour dire « bonne m**** » à tous ceux qui s’élanceront sur le Marathon d’Amsterdam (Michaël, Laurent …) et souhaiter bonne continuation à ceux qui doivent encore tirer jusque la mi-novembre avant d’en découdre dans les belles rues de Valence (Johan, Laurent, Mathieu … et toute la clique de Bléharies).

J’espère vous retrouver dans un mois avec de bonnes nouvelles !

Quentin Degryse ©RUNNINGGEEK.BE 2017

2 réflexions sur “Une préparation non sans ACRHO

  1. Petit conseil, pour te consacrer uniquement sur ton marathon, et éviter la peur des cloches, cours comme les Keynians ….. !!!! pieds nus. Ainsi, tu seras gonflé à bloc moralement pour ton prochain marathon et tu descendras facilement en dessous des 4 heures. Bonne merde et ne pars pas trop vite. Ton choix tactique me paraît être le meilleur.

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