Les conseils de l’homme aux 37 marathons de New York

Runar —prénom prédestiné— Brandt Gundersen a couru tous les marathons de New York depuis 1978. S’il n’est pas le recordman absolu —un New-yorkais a couru 40 éditions— l’homme sait de quoi il parle. À quelques jours du New York City Marathon 2016, nous partageons ses conseils avec vous.

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Runar B. Gundersen en 2014 – crédit photo : running-club.fr

Généralités

Quelques chiffres pour commencer. En 2015, 50.235 coureurs ont pris le départ du marathon de New York. 49.595 l’ont terminé, ce qui nous donne un taux de finishers de 98,7%.

Les 2,5 millions de spectateurs le long du parcours ont leur rôle à jouer dans cette belle statistique ! Runar déconseille donc de courir avec votre musique, les écouteurs sont autorisés mais vous priveraient des encouragements de la foule tout le long du parcours.

Le temps qu’il fera

Au quotidien, Runar B. Gundersen exploite une station météo au Sud d’Oslo. Il a soigneusement consigné les températures observées à NY le jour du marathon depuis 1978.

Les températures min. et max. au marathon de NY depuis 1978 - crédit image : Runarweb

Les températures min. et max. au marathon de NY depuis 1978 – crédit image : runarweb.com

La température minimale moyenne est de 8°C, la température maximale moyenne de 16°C. Les extrêmes un jour de marathon furent de 1°C (en 1995) et de 27°C (en 1979).

La pluie n’a jamais été un problème. Runar B. Gundersen ne se souvient que de trois marathons où la pluie s’est invitée, mais jamais tout le long de la course.

Notre météorologue recommande d’attendre la dernière semaine avant la course pour consulter les prévisions. Plus tôt, c’est de la divination. Et il conseille de toute façon d’emmener dans la valise des vêtements pour parer à toutes les conditions.

Le matin du marathon

Une bonne nouvelle pour commencer : cette année, l’heure d’été prend fin le 6 novembre à 2 heures du matin. Cela signifie que vous pourrez dormir une heure de plus la nuit qui précède le marathon !

Après cette bonne nuit de sommeil, vous devriez vous rendre au départ sur Staten Island en empruntant un des moyens de transport proposés par l’organisation : le ferry ou un des bus au départ de Midtown Manhattan (New York Public Library) et du New Jersey.

Runar recommande aux coureurs qui logent sur Manhattan de préférer le ferry au bus. Il arrive que ce dernier soit coincé dans le trafic, le trajet prenant alors jusqu’à 2 heures. Le ferry démarre toutes les 15 minutes, la traversée dure 30 minutes et de nombreux bus vous attendent au terminal pour vous permettre de rallier le village départ. Prenez le ferry 3 heures avant le départ de votre vague.

Si vous prenez le métro pour vous rendre jusqu’à l’embarcadère du ferry (Whitehall Ferry Terminal), pensez à acheter votre titre de transport à l’avance, il peut y avoir de la file aux automates le dimanche matin.

Emportez des vêtements chauds. Il peut faire froid et venteux. Amenez aussi de quoi vous asseoir (un journal par exemple), le sol pourrait être humide. Et du papier toilettes …

Au village départ, un petit déjeuner constitué de thé, café, bagels et produits Gatorade et PowerBar vous attend.

Le départ

Le départ s’effectue en 4 vagues, correspondant chacune à une heure de départ : 9h40, 10h15, 10h40 et 11h00.

Chaque vague est divisée en 3 lignes de couleur bleue, orange et verte. Les coureurs de la ligne bleue courent sur la droite du pont Verrazano Narrows, ceux de l’orange à gauche. Ceux de la ligne verte démarrent sur le pont inférieur. Les trois lignes ne se rejoignent qu’au huitième Mile !

Chaque couleur comporte 6 corrals, littéralement des enclos, désignés par une lettre de A à F.

Les lignes bleue, orange et verte au départ - crédit image : Runarweb

Les lignes bleue, orange et verte au départ

Il est autorisé de prendre le départ aux côtés de coureurs dont le numéro de dossard est supérieur au vôtre. Par exemple, avec le dossard 25074, vague 2, ligne orange, corral A, je peux choisir de m’élancer depuis n’importe quel corral des lignes orange et verte (numéros de dossard de 25000 à 36999) ou encore attendre le départ de la troisième vague (≥ 37000).

Profitant de cette règle, Runar a choisi ces trois dernières années de partir de la ligne verte, bien que doté d’un dossard pour la ligne orange. La raison ? Le niveau inférieur du Verrazano Narrows Bridge est moins pentu et le tracé vert comporte moins de virages à la sortie du pont.

Le classement est établi sur base du temps net. Pas de panique si vous franchissez la ligne 5 ou 10 minutes après votre heure de départ !

La course

La masse compacte de coureurs au départ peut vous donner l’impression de partir trop lentement : ne gaspillez pas votre énergie à zigzaguer pour les dépasser, vous perdriez beaucoup plus de temps à l’arrivée. La route se dégage dès la fin du premier Mile.

Des bornes vous indiquent la distance parcourue à chaque Mile ainsi que tous les 5 kilomètres. Le semi-marathon est également indiqué. À chaque borne, une horloge affiche le temps écoulé depuis le départ de la vague 1.

Des ravitaillements en eau et Gatorade sont disposés de chaque côté de la route à chaque Mile dès le troisième Mile. Les liquides sont servis dans des gobelets en carton. Un épongeage vous est proposé au Mile 17, des gels énergétiques au Mile 18. Runar mentionne également des fruits aux Miles 20 et 23. Des toilettes figurent à chaque ravitaillement. Il y a du monde, alors pensez à vous ranger sur le côté lorsque vous souhaitez ralentir ou marcher pour vous ravitailler …

Vallonné le marathon de New York ? Runar Gundersen juge le parcours « très plat, sauf ces quelques exceptions » :

  • Le pont Verrazano Narrows est le plus imposant de tous : 1,4 km de montée à 4%. L’élévation ne se fait pas vraiment sentir car le pont se trouve au départ et la foule compacte vous empêche de toute façon de prendre votre vitesse de croisière avant d’avoir atteint le sommet du pont.
  • Le pont Pulaski, à la mi-course, s’élève à 3,8% pendant 400 mètres.
  • Le pont de Queensboro, 1,2 km à 3%, est jugé difficile. Il est situé au 24ème kilomètre, et cela se sent.
  • Le Willis Avenue Bridge, situé juste avant la marque des 20 Miles, est très court : 300 mètres à 3,2%.
  • Au 24ème Mile, la 5ème Avenue s’élève sur 1.300 mètres à 2,7% de moyenne, ce qui « n’est pas raide du tout (…) mais après avoir couru si longtemps, (cela) peut être très dur. » Beaucoup, dont Runar Gundersen, pensent qu’il s’agit de la partie la plus difficile.
  • Les deux derniers Miles dans Central Park comportent quelques bosses. La plus raide a une inclinaison de 4,2%.

Le dénivelé positif total du marathon est de 265 mètres.

Le profil d'élévation du marathon de New York

Le profil d’élévation du marathon de New York

Les spectateurs

Il est possible de voir les coureurs à 3 ou 4 endroits le long du parcours. Gundersen conseille la stratégie suivante (entre parenthèses, les repères sur la carte) :

  • Rejoindre la station Nevins Street à Brooklyn. Elle est située le long du parcours, pile sous la pancarte du 8ème Mile.
  • Après le passage des coureurs, rejoindre Manhattan par la ligne 4. Descendre à la station 86th Street pour voir le peloton au 17ème Mile sur la première Avenue (S1).
  • Marcher jusqu’à la 5th Avenue, au croisement avec la 96ème Rue Est, les coureurs en finissent avec la côte la plus difficile du parcours (S2).
  • De là, l’arrivée (F) n’est plus très loin. Rejoindre votre coureur à un des meeting points (M et NM).
La carte du spectateur. En rouge, le tracé du marathon - crédit image : Runarweb

La carte du spectateur. En rouge, le tracé du marathon – crédit image : runarweb.com

Il est important de fixer un point de rendez-vous avec vos supporters, sans oublier de préciser le côté de la route. Sinon, vous risquez de ne pas les voir …

Courir le marathon de New York en 2017

Tenté par l’aventure ? Le New York City Marathon 2017 aura lieu le 5 novembre.

La période d’admission générale commence le 17 janvier et se termine le 17 février. La loterie aura lieu le 2 mars et, pour la première fois, elle sera gratuite !

Jonathan Quique ©RunningGeek.be 2016

Source : « My advice and information for the New York City Marathon » (runarweb.com)

À écouter : « Top 4 Tips on How to Run the NYC Marathon » (therunninglifestyle.com)

Une réflexion sur “Les conseils de l’homme aux 37 marathons de New York

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