Le Trail du Saint-Jacques de Compostelle

Trail du Saint JacquesAujourd’hui pas de place dans l’agenda pour courir le tellement classique Semi-Marathon de Bruxelles.

Non ! Le 2 octobre 2016 est la première édition du Trail du Saint-Jacques de Compostelle à laquelle je me suis bien évidemment inscrit.

Dans un but de dynamiser l’itinéraire culturel et de donner une lumière nouvelle sur l’histoire du parcours jacquaire situé en province de Namur, la FTPN (Fédération du Tourisme de la Province de Namur) a créé cette course, qui nous mènera de la Citadelle de Namur à la Citadelle de Dinant, soit un périple de quelques 45km (pour les plus expérimentés) à travers bois, vallées et collines escarpées. Tout un programme qui semble assurer un plaisir que seuls les traileurs peuvent apprécier : un rapprochement avec la nature dans des endroits magnifiques.

Comme tout trail qui se respecte et afin de contenter les moins aguerris à la discipline, les organisateurs ont également prévus des distances plus courtes : une randonnée et un trail de 13km ainsi qu’un trail de 20km, distance sur laquelle j’ai jeté mon dévolu.

Techniquement, il s’agit d’un trail en ligne, le point de départ et d’arrivée sont situés à des endroits différents ; heureusement, une navette de retour vers le point de départ est prévue. Les 3 trails et la randonnée finissent tous à la Citadelle de Dinant.

Le 45km démarre de la Citadelle de Namur et présente un dénivelé positif de 1500 mètres.
Le 13km (trail et rando) démarre de la Ferme du Buc à Evrehailles et présente un dénivelé positif de 400 mètres.

C’est dans la ville d’adoption de Franco (non pas le dictateur espagnol mais bien le chanteur congolais Franco Luambo – dont je vous conseille d’ailleurs d’écouter quelques titres ; une sympathique découverte pour moi lors de la rédaction de cet article), que le trail de 20km démarre. Godinne est une commune surplombant la Meuse sur son versant droit,  elle fut jadis un fief foncier important, témoin au fil des siècles d’une succession de seigneuries (les de Waha et les de Berlo, pour n’en citer que deux).

En face, sur le versant gauche se trouve le lieu-dit des Sept Meuse, qui offre une vue panoramique exceptionnelle sur les méandres de la Meuse, un point d’intérêt incontournable à visiter dans la région.

C’est donc dans ce lieu hautement chargé d’histoire que je suis prêt à entamer mon périple et ses 700 mètres de dénivelés positifs.

L’organisation est irréprochable. Sur le site de départ (Le Collège Saint-Paul), nous sommes accueillis par des assistants nous indiquant où se garer, ce qui permet d’optimiser l’espace. Nous partons récupérer les dossards et nous découvrons pour la première fois la courbe du dénivelé du parcours.

Chargé de notre sac de sport, nous le déposons sous un préau afin qu’il soit transporté jusqu’à la Citadelle de Dinant, lieu de l’arrivée. Une attention bienvenue lors de l’organisation d’un trail en ligne.

Le temps de régler ma ceinture cardio (il faudra vraiment que Garmin trouve un autre système de réglage, parce que ce n’est vraiment pas évident à réaliser), nous nous dirigeons vers la ligne de départ. Jonathan (notre Running Geek en chef, dont il faudra suivre les exploits lors du Marathon de New York en novembre) immortalise ce moment, en compagnie de nos amis du Groupe Athlétique de Gembloux (le GAG) qui prennent également part à l’aventure. Jonathan sera d’ailleurs notre plus fervent supporter tout au long du parcours.

Le GaG au départ du Trail du Saint-Jacques - crédit photo : RunningGeek.be

Le GaG au départ du Trail du Saint-Jacques – crédit photo : RunningGeek.be

Le décompte est lancé, le départ donné. Nous trottinons et arrivons assez rapidement à un goulot d’étranglement, qui peine à absorber le flux des 340 coureurs inscrits. Nous alternons marche et course et abordons déjà la première difficulté. Ça grimpe … et ça grimpe fort ; déjà 100 mètres de dénivelé positif avalés sur les premiers 1.500 mètres. Impossible de se perdre, le balisage est impeccable et visible tous les cinquante mètres.

Nous nous dirigeons vers la Carrière d’Yvoir sur laquelle nous avons une vue plongeante. Le site est impressionnant. Qui dit carrière dit également cailloux, le sentier que nous suivons en est jonché. Le sol est gras et glissant à cause des fortes pluies de la veille. Prudence !

Troisième kilomètre. Je suis en forme, mes sensations sont bonnes. Nous attaquons une nouvelle côte ou plutôt un mur … Ma Fenix3 m’informe que la pente est de vingt-sept pourcents (160 mètres de D+), trop pour que je puisse continuer en courant. Il faut aussi que je m’économise pour le restant de la course, mes souvenirs me rappelant que d’autres difficultés du même acabit nous attendent.

Cinquième kilomètre, le village d’Évrehailles, et déjà le premier ravitaillement. Je remplis ma gourde et prends un biscuit salé sans réellement m’arrêter. Je me prends au jeu et même si je n’avais pas d’objectif temps en tête, j’ai envie de livrer le meilleur de moi-même.

Premier ravito sans m'arrêter - crédit photo : RunningGeek.be

Premier ravito sans m’arrêter – crédit photo : RunningGeek.be

Nous repartons et traversons la forêt, en direction de Houx, où nous attendra le second ravitaillement. Le sentier descend fortement. J’en profite pour allonger la foulée, en prenant malgré tout quelques risques : boue, grès glissant, racines … les pièges  sont nombreux. Je m’étonne même d’atteindre des allures jamais atteintes auparavant – je passe brièvement sous la barre des trois minutes et demi au kilomètre. C’est à peine si j’aperçois les ruines du Château de Poilvache.

Arrivé à Houx, le ravitaillement est gargantuesque (brochettes de saucisses, fruits, biscuits salés, bière (que je ne goûterai pas), jus de pomme. Vu la qualité du buffet, je m’attarderai une petite minute.

Après une heure de course, la moitié du parcours est atteinte. Nous suivons maintenant un sentier qui remonte (160 D+) vers Awagne. Nous obliquons à droite et descendons ensuite vers la Meuse, en longeant les Carrières de Leffe. C’est aussi la partie la plus boueuse de l’aventure, qui m’oblige à jouer à l’équilibriste.

Nous longeons la Meuse et rejoignons le bitume. Je peux à nouveau accélérer, en déambulant dans les rues de Dinant, pensant l’arrivée très proche. Ce qui est à la fois vrai et faux, puisque c’était sans compter la difficulté ultime du trail, l’escalier de la Citadelle et ses 408 marches … Une épreuve à part entière. Les cuisses me brûlent et à chaque palier, j’en profite pour me poser quinze secondes. L’escalier est interminable. Quelques jeunes filles animent l’atmosphère et supportent les malheureux coureurs qui peinent. Encore quelques marches et nous entrons enfin dans la Citadelle.

Sous le regard des touristes curieux et heureux d’avoir suivi avec assiduité mon entraînement, je franchis la ligne d’arrivée, après près de dix-neuf kilomètres et deux heures cinq minutes de course (soit une moyenne de six minutes trente au kilomètre).

A l'arrivée sur la Citadelle de Dinant - crédit photo : RunningGeek.be

A l’arrivée sur la Citadelle de Dinant – crédit photo : RunningGeek.be

Le trail fera finalement vingt kilomètres, si l’on compte la distance qui sépare la ligne d’arrivée de la douche bien méritée. Il est temps de reprendre des forces et de partager nos impressions entre amis, autour d’un spaghetti et d’une bière(s).

Ce que j’en retiens :

  • une organisation infaillible du début à la fin,
  • le balisage impeccable,
  • le parcours exceptionnel,
  • le peu de portions de routes empruntées,
  • l’ambiance à l’arrivée,
  • les marches de la Citadelle …

Alors, à l’année prochaine !!!

Voir : mon parcours sur Strava

Laurent De Deken ©RunningGeek.be 2016

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