De la Basilique de Koekelberg à la Cité des Arts et des Sciences de Valence

Hi, I’m Quentin … and I’m a running addict.

Cette phrase peut faire rire … Pour moi-même, elle n’aurait d’ailleurs eu aucun sens il y a encore cinq ans. Retour sur mes débuts comme runner.

À la base, je suis surtout un footballeur mais pas le footballeur qui court, non … celui qui reste seul, la plupart du temps, immobile dans sa cage. Je suis gardien de but et je déteste courir ! Les entraînements physiques sont, pour moi, un cauchemar. Je me traîne en queue de peloton quand je ne suis pas encore lâché. Dès mon plus jeune âge, je suis un mordu de ballon rond. Je ne passe pas une journée sans y penser. Je fais toutes mes catégories d’âge au Racing de Tournai jusqu’à la fusion avec l’Union de Tournai. En 2003, je quitte le cocon familial pour Louvain-La-Neuve. La pratique du football devient compliquée, les entraînements se raréfient, je régresse peu à peu et, surtout, mon hygiène de vie d’étudiant me fait passer, en quelques années, d’un corps de sportif à une enveloppe corporelle plutôt bien rondelette.

Quentin, un modèle à suivre pour Dany ? – crédit photo : RTBF – Les héros du gazon

En 2011, un an avant de passer la bague au doigt de ma charmante compagne, j’ai dépassé la barre du quintal. Le choc ! « Comment est-ce possible ? Ça ne peut plus durer. »

C’est comme cela que va commencer ma vie de runner.

Pour perdre tous les kilos escomptés, je ne peux me contenter d’un régime alimentaire, je décide donc, alors que je déteste ça, d’enfiler une paire de baskets et d’aller courir. Je vis alors à Molenbeek, non loin de la Basilique de Koekelberg et du Parc Élisabeth. Le grand tour du parc fait plus ou moins 2 km. À l’époque, pas de montre GPS, je mesure approximativement la distance sur Google Maps. Au début, j’en fais péniblement deux tours mais j’essaye d’y aller deux fois par semaine.

Les résultats sur la balance se montrant rapidement positifs, je ne m’arrête pas, que du contraire. Je perds du poids et je me sens mieux durant l’effort. J’augmente donc au fur et à mesure la distance.

En octobre 2011, première course.

Des collègues et moi avons l’excellente idée de nous inscrire pour l’Acerta Brussels Ekiden [N.d.E. un ekiden est un marathon couru à six, en relais de 5 km, 10 km, 5 km, 10 km, 5 km et 7,195 km]. À la base, je me propose pour le 7km. Mais un collègue en délicatesse avec son genou m’oblige à faire le 10. À l’époque, je ne pense pas avoir déjà couru autant. Mais qu’importe, je ne rechigne pas et m’aligne sur le 10km. Toujours sans montre, je me base sur le MP3 dans ma poche pour mesurer le temps que je mettrai. Étonnamment (le kilométrage sur l’Ekiden est aussi approximatif me semble-t-il), je mets environ 50 minutes pour parcourir les 10km prévus. Je n’avais jamais couru aussi vite. L’effet de groupe m’a sans doute fait puiser dans mes réserves. En tout cas, j’ai pris du plaisir. C’était la première fois que je courais en « compétition » (le mot est un peu exagéré).

Quentin Degryse Ekiden 2011

À l’Ekiden de Bruxelles 2011

Les mois passent et je continue mon petit bonhomme de chemin avec une idée folle en tête, courir les 20km de Bruxelles dans quelques mois. Mon entourage n’y croit pas. « 20km ? Mais jamais tu n’y arriveras. »

Cet objectif me pousse à courir encore et encore, malgré la pluie, malgré l’hiver.

Le 27 mai 2012, je serai au départ de mes premiers 20km de Bruxelles. Ce sera seulement la 2ème course de ma « carrière » de coureur. En 1h49, je boucle les 20km. Là où certains, une fois la ligne franchie, semblent dégoûtés, je suis complètement enthousiasmé, j’en veux encore.

Quentin, Rémy, deux "Running Geeks" avant l'heure aux 20km de Bruxelles 2012

Quentin, Rémy, deux « Running Geeks » avant l’heure aux 20km de Bruxelles 2012

Mon mariage arrive. L’objectif est atteint : j’ai perdu 20 kilos en 12 mois, je suis en pleine forme. En novembre 2012, nous déménageons, adieu Molenbeek, adieu mon parc … me revoilà à Tournai. Évidemment, je me suis fixé l’édition 2013 des 20km de Bruxelles comme objectif. Mais, une fois revenu à Tournai, je rechausse temporairement les crampons, oublie mes bonnes habitudes et la course à pied.

Le 26 mai 2013, je prends la première grosse claque de ma vie de runner. Je finis péniblement les 20km en 1h58 … derrière le futur Roi des Belges, Philippe. Je suis dégoûté. Mais cette course sera une excellente leçon. En course à pied, rien n’est acquis. Tu ne peux pas espérer courir aussi vite que l’année précédente en t’entraînant moins. Non, ta condition, tu dois la travailler, la façonner pour être le plus en forme possible le Jour-J.

Quelques mois plus tard, je suis l’heureux papa d’une petite fille. En bon mari qui se respecte, j’ai accompagné mon épouse tout au long de sa grossesse … Vous l’aurez compris, je me suis un peu laissé aller. J’ai repris du poids et mon niveau en course à pied a stagné, si pas régressé. Je dois réagir.

Un samedi de septembre, un peu par hasard, je pars courir à Vezon, ma toute première course ACRHO. Derrière un chrono peu flatteur, je découvre surtout une ambiance toute particulière, conviviale et sympathique. Je courrai encore deux courses cette année-là, la fin de saison approchant. Mais je sais, au fond de moi, que ce n’est que le début.

En 2014, je vais profiter de cette chance qu’est l’ACRHO pour garder la forme, retrouver le niveau et surtout m’améliorer. Je m’équipe … Baskets, short, t-shirt et une montre GPS au poignet, je ne vais plus rien laisser au hasard.

J’enchaîne les courses et deviens de plus en plus acrho. J’ai une revanche à prendre avec le 20km, avec le Roi des Belges … je dois laver l’affront de 2013.

Sur les courses de l’ACRHO, je passe enfin sous la barre des 5’/km. J’arrive à Bruxelles revanchard et en bonne forme. Mon père, que j’ai amené à la course à pied, en sera également. Cela me motive encore plus. Je parcours les 20km en 1h43. Je suis satisfait. Même si je pense qu’une meilleure gestion de la course pourrait me faire encore progresser. Le negative split, je connais en théorie mais je n’arrive pas à le mettre en pratique. J’ai toujours cette fâcheuse tendance à partir trop vite et à coincer un peu dans le final. Et, à Bruxelles, dans l’Avenue de Tervuren, ce sont de précieuses secondes que tu perds.

Degryse "Pierre et fils" aux 20 km de Bruxelles 2014

Degryse « Pierre et fils » aux 20 km de Bruxelles 2014

Une fois l’objectif Bruxelles atteint, il est important, pour moi, de me fixer un nouvel objectif sous peine de fléchir et de courir moins … Dans cette optique, nous nous inscrivons, avec Jonathan et Aloïs, aux 20km de Paris. Je ne mettrais pas encore les bonnes leçons tirées ci-dessus en pratique. À Paris, pas de vague (si ce n’est un box réservé à l’élite), tout le monde part en même temps. Ce n’est pas facile, il faut frotter un peu, passer par les trottoirs pour dépasser les personnes plus lentes et pourtant mieux placées sur la ligne de départ. J’aperçois alors Aloïs quelques foulées devant moi. À deux, nous parcourons 13 kilomètres à bonne allure, 4’50’’ de moyenne. Une allure que je ne peux tenir sur 20 kilomètres. Je ralentis (parce que je ne peux pas faire autrement), Aloïs me lâche … Les derniers kilomètres me semblent très longs. Finalement, je réalise une bonne performance (pour mon niveau), 1h41.

Je finirai l’année 2014 par quelques courses ACRHO pour soigner mon classement général. 2014 restera ma première saison complète en course à pied, la plus aboutie. La Nouvelle Année approche et l’heure des bonnes résolutions et nouveaux objectifs également.

Les semi-marathons, c’est sympa … mais ne tenterions-nous pas autre chose ? L’idée commence à germer dans mon esprit comme dans celui de mon ami Jonathan. N’est-il pas temps d’essayer de passer un nouveau cap ? Dès le début d’année, nous nous consultons régulièrement et, comme l’a expliqué Jonathan dans un autre article, nous arrêtons notre choix sur Valence pour participer à notre premier marathon …

[N.d.E. La suite ? Lire le récit de Quentin au marathon de Valence !]

Quentin Degryse ©RunningGeek.be 2015

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